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Guided gravity · Exo'blog

Les cinq choses qui bloquent la plupart des vététistes

Le regard, la position, le freinage en virage, les épingles et le raide : les cinq blocages qu'on voit le plus en cours, et ce qui les débloque vraiment.

Christian Dassi Publié le 4 Juin 2025 · 5 minutes de lecture

Après quinze ans à regarder des gens rouler, ce sont toujours les cinq mêmes choses qui reviennent. Aucune n'est exotique, et aucune n'est une question de courage. La plupart des riders qui stagnent bloquent sur une ou deux d'entre elles, et ça se débloque plus vite que tout le monde ne l'imagine.

Les voici, dans l'ordre où on les voit.

1. Tu regardes ta roue avant

C'est celle qui règle le plus de choses pour le moins d'effort. Sous pression, le regard tombe, et dès que tu regardes à un mètre cinquante devant, le vélo va exactement là où tu regardes, c'est-à-dire dans ce qui t'inquiétait.

Le remède n'est pas "regarde plus loin", que personne n'arrive à appliquer au moment où ça compte. C'est de choisir un point précis, la sortie du virage ou un arbre après le caillou, et de le tenir. Volontairement, à voix haute s'il le faut, jusqu'à ce que ça devienne l'automatisme. Tout le reste de cette liste devient plus facile une fois celle-ci réglée.

2. Les bras tendus et le buste haut

Rester debout, coudes verrouillés, envoie chaque impact dans tes épaules et tes mains, et ne te laisse plus rien pour absorber.

Ce qu'il faut, c'est la charnière : plier aux hanches plutôt qu'à la taille, buste plus bas, coudes sortis et fléchis, genoux souples, et le poids dans les pédales plutôt que sur le cintre. Ça paraît exagéré pendant dix minutes, puis ça devient la seule façon sensée de se tenir sur un vélo.

3. Tu freines dans le virage

Freiner et tourner demandent la même adhérence au pneu, et il n'y en a qu'une quantité donnée. Freiner au milieu du virage, c'est comme ça que l'avant décroche, et c'est aussi pour ça que le virage ne se termine jamais vraiment.

Freine avant, relâche en entrant, remets la puissance en sortie. Plus lent à l'entrée, plus rapide à la sortie, et tout le virage devient calme à la même vitesse.

4. Les épingles te battent

Une épingle serrée n'est pas un virage normal roulé lentement, c'est un autre geste. Le vélo pivote plus qu'il ne tourne, le frein avant fait l'essentiel du travail, et le corps reste assez droit pendant que le vélo passe dessous.

Roulée comme un virage normal, elle ne rentre tout simplement pas, et c'est pour ça que les gens posent le pied au même endroit à chaque fois en concluant que c'est un problème de condition ou de cran. Ce n'est ni l'un ni l'autre. C'est une technique que personne ne leur a jamais montrée.

5. Le raide te renvoie en arrière

L'instinct dans une pente raide est de reculer derrière la selle, le plus loin possible. Ça rassure, et ça enlève tout le poids de la roue avant, celle qui dirige.

Plus bas plutôt que plus en arrière : buste vers le bas, bras longs mais fléchis, un peu de pression conservée sur l'avant, et le doigt sur le frein arrière plutôt que serré sur l'avant. Le vélo est plus stable que ton instinct ne le croit.

Et la moitié se joue dans les réglages

Avant que tout ce qui précède vaille la peine d'être travaillé, il faut que le vélo arrête de te contrarier. Quatre points, quinze minutes :

  • Le sag. Une fourche et un amortisseur réglés pour le poids de quelqu'un d'autre changent le comportement du vélo dans chaque virage.
  • La pression des pneus. Le changement le moins cher qui existe sur l'adhérence, et la plupart des riders roulent trop gonflés.
  • Les leviers de frein. Garde réglée pour un doigt, et l'angle du levier dans le prolongement de l'avant-bras plutôt que pointé vers le sol.
  • La tige de selle télescopique. Si la selle est encore haute en descente, rien de ce qui précède ne t'est accessible.

Des riders arrivent convaincus qu'il leur faut du cran et repartent en ayant découvert qu'il leur fallait six clics de détente.

Pourquoi ça va plus vite avec quelqu'un qui regarde

Tu ne peux pas te voir rouler. C'est tout le problème : tu sens le résultat, pas la cause, et la cause se situe presque toujours quelques mètres avant le moment qui a mal tourné.

Un moniteur qui te filme et te montre l'image sur place referme cet écart en un après-midi. Ce qu'une journée avec un moniteur change vraiment détaille le déroulé d'une session, et si tu es loin du Valais, envoyer trente secondes de vidéo à analyser fonctionne depuis n'importe où.

Où travailler tout ça

Les cours tournent en 2 sur 4 et en 3 sur 4 en petit groupe, ou en individuel si tu préfères travailler une chose précise. Les dates sont en ligne, et si tu ne sais pas dans quel niveau tu te situes, la page des niveaux règle la question.

Chris

Christian Dassi
L'auteur
Christian Dassi

Fondateur d'Exoride, guide et moniteur certifié Swiss Cycling. Sur un VTT depuis 1989, il roule et guide en Valais toute l'année, et écrit ici quand la météo l'y oblige.

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