Cette année, pour la troisième fois, j'ai pris le départ de la Mégavalanche dans les deux catégories : une course avec un VTT musculaire, une course avec un e-bike. Même montagne, même terrain, deux machines : c'est devenu mon petit rituel de comparaison grandeur nature. Et cette édition, je ne vais pas bouder ma joie : un podium dans chaque catégorie (1er master en musculaire, 2e en e-bike). Je le précise moins pour briller que pour ce que ça garantit : ce qui suit vient de deux courses réellement courues à fond, pas d'une théorie de terrasse. Pour le reste, je ne vais pas en tirer de grandes vérités : juste ce que j'ai ressenti, après pas mal d'années de vélo et ces deux courses dans les jambes.
Parce que la question revient à chaque sortie, à chaque location, à chaque cours : « E-bike ou musculaire ? » Et la réponse honnête, c'est rarement celle qu'on attend.
Ce que l'e-bike change vraiment
Le dénivelé devient un choix, plus une limite. Là où une sortie musculaire se construit autour de la montée (combien, à quel rythme, pour qui), une sortie e-bike se construit autour des descentes qu'on a envie d'enchaîner. Ce n'est pas mieux : c'est une autre journée.
Les groupes se retrouvent. C'est peut-être ce qui me touche le plus en tant que guide : l'assistance permet à des gens de niveaux physiques très différents de partager la même sortie. Le couple dont l'un roule beaucoup et l'autre reprend, les collègues d'un team building, le parent et l'ado : avant, il fallait choisir qui allait souffrir. Plus maintenant.
Et la journée s'allonge. Trois descentes deviennent cinq, le col d'à côté devient accessible, et on rentre avec le sourire au lieu de rentrer vidé.
Ce que l'e-bike ne change pas
La descente. Le moteur coupe à la première épingle : là-haut, il reste toi, tes freins, ta lecture du terrain. Un passage technique reste un passage technique, et un e-bike, plus lourd, demande même un pilotage un peu plus précis. Si tu espères que l'assistance descende à ta place, je dois te décevoir.
Le physique, aussi, travaille : autrement, mais il travaille. On pédale réellement, on gère un vélo plus lourd, et une grosse journée d'e-bike en montagne reste une grosse journée. Un exemple qu'on connaît bien : sur notre tour du Val Ferret, la fin de la montée vers le col se fait le vélo sur le dos. Porter un e-bike à près de 3'000 mètres, crois-moi, personne n'a encore appelé ça de la triche. Ceux qui utilisent ce mot n'ont en général pas non plus essayé de suivre un groupe e-bike sur une journée complète.
L'e-bike, outil de travail
Il y a un angle dont on parle moins : le côté métier. Guider, c'est rouler presque tous les jours, souvent plusieurs sorties dans la semaine, avec des repérages entre deux. Et là, je dois être honnête : l'e-bike a changé ma façon de travailler.
En repérage, je couvre bien plus de terrain en une matinée : vérifier l'état d'un sentier après un orage, tester une variante, préparer la sortie du lendemain. Des choses que je remettais parfois « à plus tard » se font maintenant dans la foulée, et mes groupes en profitent directement.
Et quand les grosses journées s'enchaînent, l'assistance m'aide à aligner les sorties et les dénivelés en préservant ce qui compte le plus dans ce métier : la lucidité. Un guide entamé physiquement, c'est un guide qui voit moins bien venir les choses : la fatigue de quelqu'un dans le groupe, le passage qui s'est dégradé, la météo qui tourne. Économiser des watts, c'est garder de l'attention pour les autres.
Le musculaire reste mon plaisir. L'e-bike est devenu, sans que je l'aie vraiment vu venir, un outil de travail. Les deux cohabitent très bien dans le même garage.
Et pour les séjours lointains ?
Un cas pratique qui revient à chaque voyage : « je peux venir avec mon e-bike ? » Là, pas de débat de principe : les compagnies aériennes refusent les batteries d'e-bike en avion, point. Sur un séjour qui se rejoint en vol, comme notre Maroc, le musculaire s'impose donc de lui-même : et honnêtement, dans l'Atlas, il se déguste.
Cela dit, on a travaillé la question pour ceux qui ne veulent pas renoncer à l'assistance. Deux solutions : louer un e-bike sur place, au Maroc, c'est possible ; ou, service qu'on est les seuls à proposer : on transporte ton propre e-bike jusqu'au Maroc par la route, avec notre logistique, et tu le retrouves au pied de l'Atlas. Ton vélo, tes réglages, ton assistance : à 3'000 kilomètres de ton garage.
Alors, lequel choisir ?
Franchement : les deux ont leur journée. Le musculaire garde ce quelque chose de direct, de léger, cette fierté d'être monté à la force des jambes qui donne un autre goût à la descente. L'e-bike ouvre la montagne plus grand, à plus de monde, plus longtemps. Je roule les deux, selon l'envie du jour, et je serais bien en peine de dire lequel je préfère.
La seule vraie erreur, à mon avis, c'est de choisir par principe : « le vrai VTT », « la triche », « le progrès »... La montagne se moque des étiquettes. Essaie les deux, sur un vrai terrain, et écoute ce que tes jambes et ton sourire en disent.
En pratique, chez nous
On a construit Exoride pour que la question ne soit jamais un obstacle : nos sorties existent en version musculaire et en version e-bike, la location est au même tarif pour les deux (tu peux même changer d'avis d'une fois à l'autre), et si tu hésites sur le niveau physique à viser, la règle simple : en e-bike, un cran de moins suffit souvent.
Et si tu ne sais pas où tu te situes, on a mis les niveaux à plat, en clair, avec des images de terrain. Pour essayer : la location ou l'agenda. Et pour les groupes qui melangent tout le monde, du sportif au débutant : c'est précisément là que l'e-bike fait des miracles : parle-nous de ton groupe.
À bientôt sur les sentiers, avec le vélo que tu voudras.
Chris




