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Entretien des sentiers en Valais par la communauté VTT
Guided gravity · Exo'blog

Qui dégage les sentiers après l'hiver ? Nous, à la tronçonneuse

Chaque printemps, la neige couche des arbres en travers des sentiers valaisans. On monte les dégager, tronçonneuse sur le dos, parfois en e-bike.

Christian Dassi Publié le 28 Avril 2025 · 4 minutes de lecture

Chaque printemps, le même chantier revient, et personne n'est payé pour le faire. Le poids de la neige couche des arbres entiers en travers des sentiers, arrache des branches, et enterre certains accès au point qu'il ne reste plus aucune trace lisible du chemin. Puis la neige s'en va, et il faut bien que quelqu'un monte là-haut avec une tronçonneuse.

Ce quelqu'un, c'est en général nous.

Ce que la neige laisse derrière elle

Ce ne sont pas quelques brindilles. Une grosse chute de neige met à terre des arbres adultes, et ils tombent en travers du sentier plutôt qu'à côté. Sur les secteurs les plus touchés, il ne reste aucune trace du chemin dessous : il faut dégager avant même de savoir par où il passait.

Le vent et le dégel ajoutent le reste, c'est-à-dire des cailloux qui se déchaussent dans les talus, des bords effondrés là où l'eau est passée, et la section qui a tout simplement glissé.

Personne n'est payé pour ça

Il n'existe pas de service qui débarque en avril pour remettre les singles en état. Les communes et les services forestiers entretiennent les chemins balisés et les routes forestières, et ils le font bien, mais les sentiers que les vététistes utilisent vraiment sont surtout entretenus par ceux qui y tiennent assez pour aller le faire.

Alors dès que les conditions le permettent, on charge les tronçonneuses et le matériel dans le bus et on y va. Plusieurs journées de travail, du bois à débiter, des troncs à déplacer, des sections à re-tracer. Rien de spectaculaire, juste des gens attachés à leur terrain de jeu.

La tronçonneuse monte en e-bike

Là où le bus s'arrête, le matériel continue. Tronçonneuse sur le dos, e-bike sous les fesses, jusqu'aux secteurs où personne ne monte en voiture. Ça a l'air ridicule et ça marche, et c'est la seule raison pour laquelle les sentiers les plus reculés sont dégagés au lieu de rester bouchés jusqu'à ce que quelqu'un y passe à pied en juillet.

Un sentier rouvert n'appartient à personne

Ce travail ne profite pas qu'à nos clients. Un sentier dégagé est rendu à tous ceux qui l'empruntent : vététistes, randonneurs, traileurs, familles en balade. Nous vivons de ce terrain, donc en prendre soin nous paraît le minimum, et pas seulement après un coup dur.

Ça achète aussi une bienveillance qui compte plus tard. L'accès n'est pas un droit, c'est une relation avec les gens qui possèdent le terrain et qui marchent sur les mêmes chemins, et arriver avec une tronçonneuse est un meilleur argument que n'importe quelle charte.

Ce que tu peux faire, et c'est surtout une question de moment

Le moyen le plus rapide d'annuler un printemps de travail, c'est de rouler un sentier encore gorgé d'eau. Un sol détrempé ne se remet pas, il enregistre : chaque pneu creuse une rigole, la rigole devient le chemin de l'eau, et en août cette section a perdu sa surface.

  • Attends le sol, pas le calendrier. Une semaine douce en mars ne veut pas dire que l'ubac a ressuyé.
  • Roule dans la flaque, pas autour. Contourner, c'est comme ça qu'un sentier double de largeur en une saison.
  • Ne bloque pas la roue pour tester l'adhérence. Tu connais déjà la réponse.
  • Déplace la branche que tu viens de franchir. Trente secondes, et les cent riders suivants n'auront pas à le faire.

Ce que ça change sur une journée de shuttle

Une journée guidée repose sur le fait de savoir quels secteurs ont réellement été dégagés et lesquels sont encore bouchés, une information qui n'existe nulle part en ligne. C'est la même connaissance qui décide de la vallée le matin même, et c'est pour ça que la destination s'annonce le jour J plutôt que trois mois plus tôt.

Les dates des shuttles sont en ligne, et quel secteur fonctionne à quelle période couvre le côté saisonnier.

Chris

Christian Dassi
L'auteur
Christian Dassi

Fondateur d'Exoride, guide et moniteur certifié Swiss Cycling. Sur un VTT depuis 1989, il roule et guide en Valais toute l'année, et écrit ici quand la météo l'y oblige.

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